Dans le VIIIème. siècle, pendant les guerres des Croisades, ont commencé les contacts entre la péninsule ibérique (Espagne/Portugal) et les maures de l'Afrique du Nord. Ce phénomène et la conquête de l'Empire Britannique par les turques, ont contribué à la présence de la timbale en Europe. La plupart des musicologues sont d'accord sur le fait que le "tímpani" ou timbale d'Europe, est l'un des ancêtres des timbales actuels. On sait qu'en 1670 les "tímpani" ont commencé à être utilisés par couples pour la première fois.

Pailas cubaines (timbales)

  Curt Sachs (D'après Ortiz) croit que le premier "timpani" fut utilisé en Europe dans le XIVème. siècle. D'après Laureano Fuentes et son livre "Las artes de Santiago de Cuba" la date charnière suivante est 1852, le moment où les "tímpani" sont joués pour la première fois à Cuba. Ce fut Antonio Boza que en joua à Santiago de Cuba, dans l'opéra italienne "Lucía di Lamermoon" de Donizzetti..

  La timbale de style cubain fut jouée pour la première fois dans les régions de l'est des provinces orientales de Cuba, principalement dans Holguín et Manzanillo. On le trouvait fréquemment dans les groupes qui incluaient un orgue et qui étaient célèbres dans la région. On pouvait aussi trouver le "tímpani" dans les cirques. Parmi les instruments de la musique afro-cubaine, Ortiz décrit la "paila", nom alternatif utilisé de nos jours par de nombreux musiciens, mais aussi en termes de direction musicale ou quand il s'agit d'utiliser la modalité de frappe de l'instrument appelé "cáscara".

  D'après l'écrivain Pichardo, "paila" est un récipient en fer ou en cuivre en forme de demi orange. Ces vases étaient utilisés dans l'industrie du sucre pour contenir le jus de canne à sucre, le "guarapo".
Elles furent utilisées pour fabriquer la timbale cubaine. Dans beaucoup de cas, on utilisait une "paila" parce que elle était facile à transporter. Les différents sons caractéristiques des divers genres musicaux cubains, viennent de la technique d'exécution du "pailero".
L'instrument se jouait avec deux baguettes, et la plupart du temps, le musicien se servait de sa main pour s'aider dans l'obtention tantôt d'un son grave; tqntôt d'une note aigue. La main libre procurait la tension nécessaire sur la surface percutée par la baguette. Il n'existait pas de "male et femelle" comme dans les timbales de nos jours, et d'après Carlos Borbolla, organiste et "pailero" de la première moitié du XXème. siècle, " un joueur de timbale doit seulement manipuler les traits acoustiques des deux sexes de l'instrument". Encore aujourd'hui, dans les provinces les plus orientales de Cuba, les orchestres composées d'un orgue, un "guayo"("guiro grande", instrument de percussion) et une "paila" font leur musique dans les rues et dans les fêtes des secteurs les plus populaires de la société cubaine.

  Les plus anciennes de ces "pailas" ou vases, furent amenés en Afrique dans le XVème. siècle et utilisés en tant qu'instruments musicaux en Guinée, ainsi que par le peuple Mayombé. Ortiz croit que les africains essayaient d'imiter les européens, puisque c'est eux qui avaient amené ces instruments dans le continent africain. Au Zaïre par exemple, les habitants ont copié les timbales (ceux que nous connaissons comme les "tímpanis") et même les habits et les ornements qui utilisaient les musiciens européens, souvent des soldats. Les militaires ont toujours exercé une grande influence sur les styles musicaux un peu partout dans le monde. Les tambours ont toujours été utilisés d'une manière ou d'une autre dans les milieux militaires.

  Les premiers musiciens cubains à jouer au sein de bandes musicales, avaient été formés en tant que musiciens dans les bataillons militaires de l'époque. Il existait une distinction raciale dans ces bataillons: les formations de noirs appelés "los pardos" et les bataillons formés par des blancs et des noirs, appelés "los morenos". Les orchestres de l'époque reflétaient cette différentiation raciale qui fut maintenue pendant toute la domination militaire espagnole. Les bandes des bataillons des "pardos" se sont caractérisées par l'inclusion du "güiro" et par l'adoption de modalités rythmiques et figures d'improvisation exécutés par le "timbalero"(le joueur de "tímpani" ou timbale).

  Ortiz a avancé quelques idées très intéressantes sur les origines de la timbale actuelle. Il croit que les "bongoes" font partie des antécédents des timbales. D'après lui, cette racine il faut la chercher dans une pièce centrale qui unit les "bongoes" de la même manière que les timbales; et que les "bongoes" aussi se jouent en position assise. Finalement, les "bongoes" avaient aussi une seule membrane et un fond ouvert. Ortiz croit aussi que ces instruments ont évolué à partir de quelques instruments caractéristiques de la cuisine. A un moment donné de l'histoire de la musique cubaine, les poêles étaient couvertes avec une peau, probablement de bouc, et tendue à l'aide d'une ficelle ou de vises fixées à une rondelle métallique. Ces tambours étaient joués aussi avec une baguette et une main. Le mot "paila" provient du vocable français "pôele", qui à son tour provient du mot latin "pattella", une sorte de plateau ou assiette métallique.

  Comment sontils apparus ces instruments qu'on connaît sous le nom de "timbales de tímpani"?
Au début du XXème. siècle, il existait une grande demande de "tímpanis" en vertu de la popularité de certains styles musicaux de Cuba (comme la "contradanza") qui sont devenus les genres caractéristiques de la musique cubaine (danza et danzón) où le timbale, dérivé du "tímpani", allait occuper un rôle prépondérant. Avec le temps et avec sa transformation constructive, nous commençons à remarquer sa présence à partir des années 50 du XXème. siècle, entre autres, dans le format du "Son" reformé par Arsenio Rodríguez et dans les jazz bands à la cubaine qui connurent son apogée à la même époque.

Dans l'actualité la timbale bénéficie d'un rôle de protagoniste dans des genres musicaux non cubains, comme le latin-jazz, le pop et le rock. En grande partie, le succès et la présence de cet instrument à l'échelle internationale est due au "Roi de la Timbale", Tito Puente.